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"Should have known better"

Aujourd’hui, j’ai l’âge exact qu’avait mon père le jour où je suis né.

Prendre le temps de se perdre

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Atrophie du courage

Perds tes repères dans une mer pourtant calme

Malgré tous les âges

Cap droit devant et sourires pleins de charme

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Pourtant c’est le pire des naufrages

Tempêtes intérieures qui au fur et à mesure 

Renversent pleines de rage

Tous ses espoirs tous basculés en autant de blessures

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Rien n’est plus immobile

Les mouvements droits et rectilignes nous ennuient

Comme le temps de la bile

Était parfaitement idéal pour qui l’a enfin fui

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C’est le temps des tronc d’arbres

Qui remplacent les fleurs

Les cristaux et le marbre

Poussent notre fragile rêveur

Abandon de soi

Oublie donc d’être 

Ton petit moi

A qui manque son maître

Les flots ont poussé l’apathie la plus totale

Il faut donc vivre sous tous ces attirails

Les attaques ne viennent plus qu’en rafales

Et laissent alors entrevoir toutes ses moindres failles

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Se jeter dans le vide ne sert plus à rien

Le vide n’existe plus

Les filets sont tous tirés pour ton bien

Le destin nous aura battu

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Sans danger comment prendre des risques ?

Sans histoire comment raconter ?

Sans musique comment partager les disques ?

Sans vivre comment aimer ?

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C’est le temps des longs silences

Qui remplacent la chaleur

Les mathématiques et les sciences

Cassent notre fragile rêveur

Fin de partie 

Oublie donc celle 

Le coeur sorti

La fin est si belle

02F30, 24 janvier 2012

Si l on n est pas saisi dans sa jeunesse par un espoir, fut il illusoire, que reste t il ? Rien.

—George Steiner

Death is the essence of all happiness when you don’t know how to live.

L’ultime poison

Ce sombre nuage bât la chamade

En plein coeur de cette forêt 

De tous ces hostiles camarades

Rompus à entendre tous ces secrets

Les vents courent de plus belle

Et le froid hêle ces insultes

A notre voile bien réelle

Celle qui brisa tant de tumultes

Comment peux-tu encore 

Comment parviens-tu

A respirer cette mort

A préserver ta vertu ?

Tous les tourments de lumière 

Ont disparu de ce bas monde

Insensible, droit et fier 

Il ne perdra plus aucune seconde

L’unique fois aura suffi

A briser toute celles 

Qu’il a maintenant trahies

Eteintes toutes étincelles

Comment faire alors ?

Pour éviter tes pièges

Qui, enfouis en ton corps

M’ont changé en neige ?

La vague glaciale casse et saborde

Toute l’âme des souvenirs perdus

Tous retenus au bout de la corde 

De toutes nos forces confondues

La confusion règne et nous frappe

Chacun chasse ses chastes discordes

Ne faire que fusion de toutes nappes

Les sentiments s’empilent alors en ordre

Est-ce ici encore 

Est-ce en cette saison

Injectes-tu encore

Cet ultime poison ?

02F30, 28 novembre 2011

Le mal necessaire

Les chocs, les maux,

Les cicatrices sur l’email

Les blessures de batailles

Le poids traître de ces mots

On persiste à se faire mal

On s’intoxique à notre façon

On garde nos petites addictions

A vouloir le tout lacrymal

La douleur privée d’espoir

La solution à l’insoutenable

La délivrance impitoyable

L’intolérable refuge de l’art

Il faut pourtant mourir

Il faut quitter en un jour

Il faut oublier que l’amour

A tué l’esprit de ce sourire

Sans destruction perdurent

Ces pertes cruelles et fatales

Sans la beauté de ces pétales

Qui enfin secs, iront aux ordures

Mon seul espoir est le néant

La disparition, tout simplement

Je ne pourrai plus exister sans mal

J’ai perdu à jamais mon idéal 

02F30, 16 novembre 2011

Toujours Noir

C’est sans une lueur d’espoir

Que j’ai revu tes yeux

Le noir complet de mes voeux

Ne se reflètent pas en miroir

La vie n’épargne donc rien

de mes bonheurs, de mes rêves

Et plonge jusqu’à la sève 

Lame acérée pour mon bien 

Tu me l’avais dit toi-même

Cette âme est pleinement noire

Et replonge chaque soir

Dans les abîmes où je sème

Ce vide en moi qui se creuse

N’absorbe pas la moindre lumière

Le refuge d’une solitude fière

La fierté d’une âme amoureuse

C’en est fini, te forcer d’y croire

Les aléas des illusions

Cette dépendance, ces prisons

Je ne veux plus jamais te revoir

02F30, jeudi 10 novembre 2011

Deux Rivages

C’est sans un nuage 

Que cette pluie est arrivée

Un temps enlevé, 

Jamais revenu à la nage

Dans ces liquides confusions 

Rien ne fait de choisir

Et malgré maints moites plaisirs

Tout n’est resté que fusion

Ces angoisses à distance

Le lien de deux rivages

Qui sans même voir leurs visages

Vivent le contact des substances

Et on parvient à sourir

Des souffrances infligées 

Des désespoirs, des lâchetés

De la toute beauté des souvenirs

Je donnerais toute mon âme

A contre courant, obstiné

Je persiste à vouloir traverser

Ce béant abîme amalgame

Mais une fois l’eau engouffrée

Ces deux tristes rivages

Se séparent d’âge en âge

Sans espoir de se retrouver 

02F30, lundi 7 novembre 2011