02F30 TXT

"Should have known better"

Fantôme

Mort discrète
Mort élégante
De celles qui enfantent
Ces entailles nettes

Un coeur en noir
Ou blanc de peur
A battre sans saveur
S’est arrêté de croire

Il survole encore
Il monte au ciel
Trop tôt pour être réel
Trop haut pour son corps

Traverse les villes
Passe les années
Un pétale d’une fleur fanée
Qui ne tient plus qu’à un fil

Débarrassé de l’espoir
Il reste toujours l’avenir
Cette plaie à n’en plus finir
Saigne à n’en plus y croire

Déverse ses grands biens
Honore ses promesses
Applique toutes ses caresses
À un coeur qui ne sent plus rien

Pâle comme un fantôme
Sage comme une image
Brûle en moi cette rage
D’avoir détruit mon axiome

All of us have a fairly extensive collection of such figures and inscriptions in our head; and we have the illusion that we are “thinking” the loftiest scientific and philosophical thoughts when, by chance, several of these cards are grouped in a way that is somewhat unusual but not excessively so. This can be an effect of air currents or simply by constant agitation, like the Brownian movement that agitates particles suspended in liquid. Here, all this material was visibly outside of us; we could not confuse it with ourselves. Like a garland strung from nails, we suspended our conversation from these little images, and each of us saw the mechanisms of the other’s mind and of his own with equal clarity.

René Daumal, Mount Analogue

(Source: disoriental, via suciomalvestido)

Advice from newfound friend

Just be nice. Live in this instant. Forget it. You’ll be fine. There’s no hurry. Just hang in this great big dark void. Everything will be allright. No hope surely does not mean anything serious could happen to you. It’s just safer isn’t it ? Distance and time. Your safe space from all the drama. Oblivion is the only answer you could come up with in order to cope with the situation. No other way out. Only trouble is you will never ever forget. Brainwash is an illusion. Just like love. An ideal you will maybe touch just once in your life, trapped in a second. A second that may last for years. But Time won’t leave you alone. Maybe try to kill time ? Make it stop ? Keep your eyes on the road. Mind your own safety, and the safety of others. All the passengers. Be patient, kind, and understanding. Time will tell. Tell you what to think. Tell you what you really are, deep down. Do not try to escape. Keep your focus. Watch the road. Everyone will be fine. Try to get rid of these strange feelings. Work on your concentration. Meditation. Emptiness. Until you feel absolutely nothing. And you’ll be dead before you know it. Letting all these eternal seconds pass you by. Preventing your spine from feeling all these intense pains. You miss them don’t you ? You shouldn’t think about them. Get away and escape. There’s plenty of distance to travel. Enough agitation to keep you busy. Until the end. Or maybe the end has already come ? Maybe it’s just hopeless ? It always is in a way, isn’t it ? Don’t worry abour the end. Live in the present. Live in denial. You got it coming. You knew it right from the start. Now get back to reality.

Et Pif Cucurucuc

-

La  lumière incisive

Le rocher s’approche

Mes amours décisives

Que je m’y accroche 

-

Je tiens en équilibre

Debout sur son bateau

La Gala d’un homme libre

Je plane au plus haut

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L’esquif ne tangue pas

Mon regard devant moi

J’oublie l’entre-moi-et-l’eau

Je vole au-dessus des flots

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-

Gardant la tête haute 

Je fixe le village

Se pourrait que je saute 

Au devant, pas le sillage

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Ce grand roc me rappelle 

Qu’une fuite en avant 

Ne peut être si belle 

Que portée par le vent

-

-

Mon coeur ne t’arrête pas 

J’ai la vie devant moi

J’oublie ce que je sais faux

M’envole aux aurores des halos

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-

Et ses faces impassibles

Rigides de gris plomb

Rédigent l’enfer des possibles

Que l’avenir me semble long

-

Sans vagues, au ralenti

Le vent ne souffle pas

Je passe tel un esprit

Ce beau piège sans appât

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-

En plein été j’ai presque froid

Tous hasards devant moi

J’oublie ce que j’aime le beau

Je n’écoute plus que le bruit de l’eau

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02F30, 17.06.2012

Sa mémoire brûlait au pays du vent

time is my second worst enemy, right after myself

—XXX

Aujourd’hui, j’ai l’âge exact qu’avait mon père le jour où je suis né.

Prendre le temps de se perdre

-

Atrophie du courage

Perds tes repères dans une mer pourtant calme

Malgré tous les âges

Cap droit devant et sourires pleins de charme

-

Pourtant c’est le pire des naufrages

Tempêtes intérieures qui au fur et à mesure 

Renversent pleines de rage

Tous ses espoirs tous basculés en autant de blessures

-

Rien n’est plus immobile

Les mouvements droits et rectilignes nous ennuient

Comme le temps de la bile

Était parfaitement idéal pour qui l’a enfin fui

-

C’est le temps des tronc d’arbres

Qui remplacent les fleurs

Les cristaux et le marbre

Poussent notre fragile rêveur

Abandon de soi

Oublie donc d’être 

Ton petit moi

A qui manque son maître

Les flots ont poussé l’apathie la plus totale

Il faut donc vivre sous tous ces attirails

Les attaques ne viennent plus qu’en rafales

Et laissent alors entrevoir toutes ses moindres failles

-

Se jeter dans le vide ne sert plus à rien

Le vide n’existe plus

Les filets sont tous tirés pour ton bien

Le destin nous aura battu

-

Sans danger comment prendre des risques ?

Sans histoire comment raconter ?

Sans musique comment partager les disques ?

Sans vivre comment aimer ?

-

C’est le temps des longs silences

Qui remplacent la chaleur

Les mathématiques et les sciences

Cassent notre fragile rêveur

Fin de partie 

Oublie donc celle 

Le coeur sorti

La fin est si belle

02F30, 24 janvier 2012

Si l on n est pas saisi dans sa jeunesse par un espoir, fut il illusoire, que reste t il ? Rien.

—George Steiner